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Julie Tabourel

Julie Tabourel - Psychologue clinicienne à Nice

Il semblerait que la division subjective aujourd’hui soit niée. Parler de sujet divisé c’est dire qu’il s’interroge sur sa propre existence, qu’il introduit dans sa vie, dans sa façon de penser, une opposition, une réflexion, une façon de dire « Non », de se limiter. Or, nous ne voyons plus l’expression de limite aujourd’hui, non seulement tout devient possible mais on en veut toujours plus.

En effet, l’individu contemporain se caractérise par une forme de comportement un peu particulier, de dépendance un peu particulière, que l’on pourrait résumer par la notion d’excès. Paul-Laurent Assoun explique que dans la notion d’ « hypermodernité », le préfixe hyper désigne justement le trop, l’excès, le dépassement, l’idée d’aller au-delà d’une norme ou d’un cadre. Cette notion met l’accent sur cette idée qu’il y a au fond quelque chose d’excessif, quelque chose qui déborde et qui va « au-delà des limites ». Ce rapport à soi d’excès et de débordement, on peut le repérer dans le mode de jouissance de l’individu contemporain, caractérisé par une sorte de « toujours plus », de « devoir de jouissance ».

Un autre aspect de ce rapport à soi peut se repérer dans certains modes d’investissement personnel caractérisés par une recherche de dépassement des limites, l’idée étant que, au fond, cet individu « hypermoderne » est un individu qui, en quête de performances toujours plus grandes, va tomber d’une certaine façon dans l’hyperactivité. Il va chercher à se « défoncer » que ce soit dans les sports extrêmes, dans le sexe ou dans la toxicomanie. Si l’on prend l’exemple des pathologies alimentaires, que ce soit l’anorexie ou la boulimie, on identifie bien ce rapport à l’excès dans les deux cas, du tout ou rien. Nous sommes bien là dans un rapport à l’excès. On pourrait le dire ainsi : l’excès devient la norme.

Le désir, aujourd’hui, semble s’entretenir davantage par l’envie qu’en référence avec un support idéal. Autrement dit, il est surtout dépendant de l’image du semblable, susceptible de susciter son envie. Nous assisterions à un impératif de jouissance adressé à chacun, qui rendrait dérisoire l’attention qu’un sujet peut porter à son désir. Cette attention suppose, en effet, que le refoulement puisse parler et agir depuis un lieu, ignoré par l’impératif de la jouissance qui, pourrait-on dire, devient une injonction sociale. Ce qui peut expliquer en quoi la société contemporaine n’apparaît pas ouverte au désir.

On s’aperçoit également aujourd’hui que le sujet n’a plus d’abri, il a perdu ses références historiques. Il se trouve libéré de la parole de l’Autre qui lie son existence à une dette symbolique qu’il aurait à payer. L’absence de repères, de lien avec l’Autre le rend du coup très sensible à toutes les injonctions venant d’autrui. Il en résulte un sujet manipulé qui ne réfléchit plus de lui-même.

Autrement dit, on s’identifie à l’autre, on s’organise autour d’une même jouissance. C’est un lien social pauvre parce qu’il est fondé sur un appui pris dans autrui et non sur l’Autre. Le lien détenteur de jouissance après laquelle nous nous employons à courir toute notre vie, cet objet on chercherait à le nier en lui substituant des objets de toutes sortes, accessible dans l’immédiat. L’objet de jouissance serait comme bouché, la place qu’il prendrait dans le discours ne serait plus la même, il semblerait justement qu’il est perdu sa capacité de faire discours.

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